L’ex-sénateur Carl Murat Cantave interpelle le DG de la PNH Vladimir Paraison dans une lettre ouverte

Dans une lettre ouverte rendue publique ce samedi, l’ancien sénateur de l’Artibonite, Dr Carl Murat Cantave, adresse une mise en garde solennelle au Directeur Général de la Police nationale d’Haïti (PNH), M. Vladimir Paraison, face à ce qu’il décrit comme « le déclin spectaculaire » et « l’insécurité grandissante » qui ravagent depuis plusieurs années une vaste partie du Bas-Artibonite.

L’ancien parlementaire affirme que sa démarche ne répond à aucune logique politicienne mais constitue « le cri d’alarme d’une population livrée à elle-même ». Il rappelle que les actes de violence — meurtres, vols, viols, incendies, pillages, enlèvements — se sont multipliés dans plusieurs communes, notamment Desarmes, Liancourt, Petite-Rivière de l’Artibonite, La Chapelle, Montrouis, Marchand-Dessalines et l’Estère.

Une population contrainte de s’auto-défendre

Selon Docteur Cantave, l’abandon des autorités policières a forcé des civils démunis à se constituer en « brigades de vigilance armées » pour protéger leurs familles et leurs biens. Il qualifie cette situation d’« ironie » et d’« absurdité », rappelant que la sécurité intérieure demeure une prérogative régalienne, que l’État ne saurait déléguer à des citoyens non formés au maniement des armes.

Il reconnaît que les problèmes sécuritaires du Bas-Artibonite ne datent pas de la nomination de M. Paraison, mais il affirme que le nouveau commandant en chef de la PNH ne peut « reproduire ni consolider » l’inaction et les échecs du passé.

Des moyens accrus, donc des attentes accrues

Dans sa correspondance, l’ex-sénateur souligne que la police bénéficie actuellement de davantage de moyens logistiques et financiers, ainsi que d’un soutien renforcé de l’État. À la lumière de ces ressources, il dit n’attendre ni « miracle » ni « prodige » de la part du DG Paraison, mais plutôt une combinaison de volonté, stratégie, artillerie lourde, corps d’élite et budget de guerre pour rétablir la paix dans la région.

Le Bas-Artibonite est décrit comme un véritable « couloir de la mort » dont les habitants doivent être libérés « dans un délai raisonnable ».

Un appel direct au leadership du DG Paraison

Le Dr Cantave conclut en appelant Vladimir Paraison à s’engager personnellement dans le « salut physique, émotionnel, psychologique et économique » des populations du Bas-Artibonite, affirmant s’adresser à lui comme à un « bon entendeur ».

Cette lettre s’inscrit dans un contexte où les questions de sécurité nationale demeurent au centre des préoccupations majeures du pays, particulièrement dans les zones rurales affectées par la montée de l’insécurité.

La Rédaction

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