
Une affaire de détournement de fonds secoue le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF). Selon des informations relayées par plusieurs sources proches du dossier, de fortes sommes d’argent destinées à l’amélioration des conditions de vie des femmes en détention auraient disparu, impliquant directement l’actuelle ministre, Mme Pédrica Saint-Jean.
Les fonds en question avaient été mobilisés sous la gestion de l’ancienne ministre, Mme Françoise Suzanne, qui avait déposé plusieurs projets en faveur des femmes incarcérées : distribution de produits hygiéniques, accès à des articles de toilette de base, amélioration des conditions sanitaires et psychologiques dans les prisons.
À la passation de pouvoir, ces programmes devaient être poursuivis par Mme Saint-Jean. Cependant, un rapport préliminaire de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) laisse entendre que d’importantes sommes ont été transférées vers des comptes bancaires privés appartenant à la ministre actuelle. Des dépôts répétés et d’un montant élevé auraient été identifiés depuis son arrivée au ministère.
Pendant ce temps, dans les établissements pénitentiaires, la situation reste alarmante. Les femmes détenues manquent toujours de produits essentiels tels que serviettes hygiéniques, savons, déodorants ou encore sous-vêtements. « Même un simple kotex n’arrive pas aux prisonnières », déplore une militante féministe contactée par notre rédaction.
Face à ces révélations, plusieurs organisations de défense des droits humains demandent à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) ainsi qu’à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) d’ouvrir en toute urgence une enquête afin de faire la lumière sur ces accusations et sanctionner les responsables, si les faits s’avèrent exacts.
Ce scandale, qui mêle corruption présumée et abandon de femmes particulièrement vulnérables, met une fois de plus en évidence la crise de gouvernance et le manque de transparence qui gangrènent les institutions publiques haïtiennes.
La Rédaction
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