
Dans une note publiée récemment, le Mouvement National pour la Transparence (MNT) à travers ses coordinations départementales du Nord et de l’Artibonte exprime ses vives préoccupations face à l’enlisement du processus de transition politique en Haïti. À seulement cinq mois de la fin prévue de cette période, conformément à l’accord du 3 avril 2024, le MNT déplore l’absence d’avancées concrètes sur les dossiers majeurs de la transition.
Un mois après la nomination de Laurent Saint-Cyr comme Coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), « les lignes n’ont pas encore bougé », constate le MNT. Entre immobilisme et conflits internes, tant le CPT que le gouvernement peinent, selon le mouvement, à assumer pleinement leurs responsabilités.
Trois chantiers à l’arrêt
Les trois priorités identifiées dans l’accord — à savoir la sécurité, le référendum constitutionnel et les élections générales — n’ont connu aucune avancée significative, selon les termes du communiqué. Pour le MNT, ce blocage compromet dangereusement la suite du processus de normalisation politique.
Face à cette impasse, le mouvement appelle les acteurs concernés à faire preuve de responsabilité et à entamer, sans délai, un dialogue élargi et inclusif, incluant non seulement les signataires de l’accord du 3 avril, mais aussi d’autres entités politiques et sociales jusque-là tenues à l’écart.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le MNT attire également l’attention sur l’urgence humanitaire : les déplacés internes se comptent désormais par millions, accentuant une crise déjà critique. Dans ce contexte, « la politique doit impérativement prendre en compte les attentes légitimes du peuple souffrant », déclare le mouvement, dénonçant les « querelles de chapelle » et les jeux politiques à courte vue.
Vers un « Accord Global » sur 25 ans ?
Au-delà des arrangements conjoncturels, le MNT plaide pour un véritable sursaut patriotique. Il en appelle à la conscience collective des élites politiques, économiques et sociales pour jeter les bases d’un « Accord Global », susceptible d’assurer stabilité politique et développement socio-économique durable pour les vingt-cinq (25) prochaines années.
Un message fort, à un moment charnière pour le pays, où les incertitudes sur l’avenir de la transition ne cessent de croître.
La Rédaction
Laisser un commentaire