
La question de la corruption reste au cœur du débat sur l’avenir d’Haïti. Peut-on réellement bâtir un État fonctionnel lorsque la mauvaise gestion et les pratiques illicites gangrènent les institutions publiques ? La Loterie de l’État haïtien (LEH) se retrouve aujourd’hui au centre d’un nouveau scandale qui relance ce questionnement.
Selon des informations provenant de l’Artibonite, les derniers fonds issus du recouvrement réalisé par la LEH dans cette région n’auraient pas été versés sur le compte officiel de l’institution, mais plutôt sur le compte personnel du Directeur général. Cette pratique soulève de graves inquiétudes quant à la transparence et à la légalité de la gestion de l’argent public.
Dans cette affaire, le nom d’Alvareste Fleurima, coordonnateur de la LEH dans l’Artibonite, est directement cité. Il est attendu qu’il fournisse des explications claires et documentées sur la destination réelle de ces sommes.
La situation met également en cause le rôle de Luc Ouanche, Directeur général de la LEH, dont le silence est perçu comme une complicité tacite. Des voix s’élèvent pour réclamer des éclaircissements immédiats, estimant qu’un dirigeant d’institution publique n’a pas le droit de se taire face à de telles accusations.
Au-delà de ce cas particulier, c’est tout un système qui est mis en lumière. Haïti dispose d’instances de contrôle comme la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), ou encore l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), censées assurer la régularité et la transparence dans la gestion des fonds publics. Mais dans les faits, leur efficacité reste limitée, souvent freinée par des pressions politiques ou un manque de volonté réelle de poursuivre les responsables.
Pour de nombreux citoyens, cette affaire illustre une fois de plus la nécessité urgente d’instaurer une gouvernance basée sur la reddition de comptes. Sans un système solide d’audit et de contrôle, les institutions publiques continueront d’être des foyers de corruption, privant l’État de ressources essentielles au développement du pays.
La population de l’Artibonite, et au-delà toute la nation haïtienne, attend désormais des explications officielles, des audits indépendants et, si les faits sont avérés, des sanctions exemplaires contre les responsables.
La Rédaction
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