CPT : Le secteur privé prend les rênes, l’heure de vérité pour Laurent Saint-Cyr

Une page inédite de l’histoire politique haïtienne semble s’ouvrir avec l’installation officielle de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Pour la première fois, si l’on ne se trompe pas, un acteur issu du secteur privé prend la direction formelle de l’État haïtien. Cette transition soulève de nombreuses interrogations, mais aussi des attentes claires, notamment sur le plan sécuritaire.

Laurent Saint-Cyr, président du CPT et Alix Didier Fils-Aimé, Premier Ministre, deux représentants du secteur économique. Ce binôme issu des milieux d’affaires est désormais responsable de redonner souffle à une nation en proie à l’effondrement institutionnel, à l’effritement du tissu social, et surtout à une insécurité chronique qui paralyse la vie quotidienne.

Le journal “Le Devoir” suivra avec une attention soutenue les premières actions de ce duo inédit. Car si les discours appellent à l’unité, à la stabilité, et à la refondation de l’État, c’est bien sur le terrain que se jouera leur crédibilité.

« Si Laurent Saint-Cyr livre des résultats tangibles, notamment en matière de sécurité publique, de lutte contre la corruption et de gouvernance, il aura droit à nos éloges. Mais s’il échoue dans sa mission, comme ce fut le cas sous Fritz Alphonse Jean, nous n’hésiterons pas à le critiquer avec la même rigueur », affirme Ilvens Bourdeau, le rédacteur en chef du journal.

Le peuple haïtien n’en peut plus des promesses sans lendemain. Après des mois de blocage, de conflits internes au sein du CPT, de scandales et de détournements de l’agenda de transition, l’heure n’est plus à la diplomatie molle, mais à l’action structurée. Le pays réclame des gestes forts : désarmement, réforme de la justice, redémarrage de l’économie, et surtout retour de l’autorité de l’État dans les zones abandonnées aux gangs.

Le « mariage » entre le pouvoir politique et le secteur privé qui se joue aujourd’hui n’est pas sans risque : il pourrait marquer une étape historique vers une gouvernance plus technique et pragmatique — ou, au contraire, renforcer la mainmise des élites économiques sur les ressources publiques, au détriment des masses populaires.

La balle est donc dans le camp de Laurent Saint-Cyr et de son gouvernement. Les projecteurs sont braqués sur eux, et l’histoire retiendra s’ils ont su — ou non — transformer ce moment de bascule en opportunité pour refonder la nation.

Published by

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer