La ville de Mirebalais a été sciemment livrée aux gangs armés avec la complicité de certaines autorités de l’Etat

Le drame de Mirebalais est écœurant. De nombreuses victimes sont à déplorer. Le calvaire des populations déplacées doit interpeller toutes les bonnes consciences. Tôt ou tard, il faudra fixer les responsabilités. À l’analyse des faits et gestes des différents acteurs des pouvoirs publics , le fil des événements peut nous aider à cerner la face cachée de ceux qui ont servi à la capitulation de la ville de Mirebalais. À noter que bien avant l’envahissement des gangs à Mirebalais, le délégué départemental du Centre, Frédérique Occean n’avait cessé d’agiter la menace des gangs sur la commune de Mirebalais. Et de façon grandiloquente, le délégué départemental scandait publiquement : « Nou pap kouri pou gang, Nap maché sou gang ». Mais alors même qu’il gesticulait ce fameux slogan, le même Frédérique Occean, de manière très subtile, intimait l’ordre aux autorités du parquet de Mirebalais de caser la dynamique de mobilisation d’un fameux groupe de résistance communément appelé « back up Feray ». Indépendamment des dérives qu’on pouvait légitimement reprochés au « Back up feray », mais le décalage entre les discours et les manœuvres sous jacentes du délégué pour faire disloquer ce groupe de résistance paraît tout à fait troublant. Au demeurant, à la faveur de ces sorties tonitruantes, le délégué départemental du Centre arrive à tromper quelques-uns, parmi les plus sérieux commentateurs de la presse. On pensait que ce dernier pouvait éviter à Mirebalais la domination des gangs armés. Chit ! Il arrive à tout le monde de se tromper. Après tout, la diversion est un puissant levier de manipulation de l’opinion. À la grande stupéfaction de la population, les gangs armés ont pris le contrôle de la ville de Mirebalais sans aucune forme de résistance majeure. Qui pis est, les agents de la police nationale d’Haïti affectés au commissariat de la ville de Mirebalais ont délibérément abandonné leur siège. Comme s’il s’agissait d’une armée en déroute, le commissaire de police en charge du commissariat de Mirebalais était parmi les déserteurs.

Tandis que le pays en général s’offusquait de l’attitude du commissaire de police de Mirebalais suite à l’assaut des gangs armés, le délégué départemental Frédérique Occean investi de son pouvoir, convoque la presse, dans le but de réhabiliter le commissaire déserteur, ainsi que le directeur départemental du Centre de la PNH. Du cynisme aux yeux des habitants. Flanqué au milieu de son commissaire déserteur et de son directeur départemental de police incompétent, les propos de Frédérique Occean ont été, on ne peut plus, élogieux à l’égard de ses complices. Le délégué départemental n’avait pas manqué de minimiser l’événement qui venait de plonger la ville de Mirebalais dans la spirale de violence des gangs armés. À entendre parler Occean à cette occasion, les habitants de Mirebalais pouvaient penser qu’il s’agissait d’un mouvement éclair des gangs armés. D’ailleurs, le délégué départemental avait l’air d’assurer la population d’un retour immédiat à la normalité. Les spécialistes en criminologie évoquent le scénario du « crime parfait « . En réalité, si l’on se base sur l’évolution des événements à Mirebalais, on ne peut en aucune façon accorder le bénéfice du doute, ni au délégué départemental du Centre, ni au responsable départemental de la PNH. Ils ne cessent d’afficher une attitude condescendante face à la souffrance des gens . Le délégué départemental et le directeur départemental du Centre de la PNH n’ont, à aucun moment, exprimé des regrets, au cas où ils auraient été trompés de bonne foi. Au contraire, au fur et à mesure que les jours passent , les déclarations publiques de ses responsables enfoncent le sort des mirebalaisiens. En temps normal, un délégué départemental est là pour s’assurer du bon fonctionnement des institutions de l’Etat au niveau du département. Comble du cynisme et apparemment du complot ourdi, le délégué départemental Frédérique Occean s’oppose catégoriquement à toutes les voix qui réclament le changement du responsable départemental de la PNH pour refus d’apporter assistance aux populations de Mirebalais. Dans des déclarations publiques, le délégué Occean se positionne comme défenseur et promoteur de l’officier de police. Alors que les gangs s’installent confortablement dans les parages du Centre -Ville de Mirebalais, le délégué se précipite pour clamer que « tout est sous contrôle « . Tandis que des comités de famille font circuler la liste des de personnes portées disparus, le délégué depatmantal Frédérique Occean présente un bilan d’une quinzaine de morts pour la commune de Mirebalais suite à l’assaut des gangs. N’est ce pas une manière pour le délégué départemental de cacher l’ampleur des dégâts mais surtout, de s’arranger du côté du chef de gang de Canaan Jeff Gwo Lwa qui a toujours refusé d’assumer les crimes commis par ses caïds contre les populations civiles ? Une attitude bien encrée chez les dirigeants et membres du parti politique RÈD qui a propulsé Frédérique Occean comme délégué depatmantal du Centre. Faut-il le rappeler, Renald Luberice, co-fondateur du parti RÈD avec l’ancien sénateur Rosny Celestin avait déclaré que le plateau central n’avait pas de gangs. La prise de la commune de Mirebalais par les gangs suscite des interrogations troublantes. D’autant qu’il a été démontré que l’assaut s’est produit facilement grâce à des relais locaux à Mirebalais et dans d’autres communes du département du Centre. Il reste à savoir si cette ramification implique également des membres du conseil présidentiel de transition.

Un texte de la rédaction de nos confrères du journal AYITI NOU MELE

Published by

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer