
L’action gouvernementale en Haïti relève la plupart du temps de l’imaginaire. La raison s’explique notamment par l’inadéquation entre les nombreuses promesses et les réalisations. Des ministres ou des gouvernements qui prennent des engagements sans la moindre conviction de vouloir les accomplir. Fait ce que l’on dit, dire ce que l’on sait pouvoir faire n’est pas dans la déontologie des responsables d’Etat en Haïti. On est davantage habitué à la coutume, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient «
Au regard du drame qui s’est passé le mardi 24 décembre 2024 à l’occasion de la cérémonie qui devrait consacrer la réouverture du l’hôpital général, n’est-il pas une raison de conforter des ministres dans l’inaction ? La violence des réactions vis-à-vis de l’actuel ministre de la santé publique témoigne d’un certain cynisme inqualifiable. Certes, il est évident que du point de vue institutionnel, il apparaît qu’il y’a un problème de collaboration entre la police nationale et le ministère de la santé publique. Néanmoins, la disposition ministérielle visant à procéder à la réouverture des hôpitaux publics ne souffre d’aucune folie. Qu’il y’a -t-il de plus responsable pour une autorité de l’Etat à faciliter l’accès aux soins à une population quotidiennement exposée. C’est d’ailleurs un principe conventionnel, même dans les pays en guerre, on exige d’éviter l’arrêt de fonctionnement des hôpitaux.
Nombreux accusent le ministre de la santé publique d’avoir voulu faire du showbiz en procédant à la cérémonie de réouverture de l’HUEH, sans pour autant assuré du fonctionnement post-réouverture. Ces critiques paraissent plausibles dans la mesure que le cérémonie de réouverture de l’hôpital ne devrait pas être une fin en soi. Mais à l’analyse de ses préoccupations, il est à se demander qu’est-ce qui pourrait empêcher aux autorités de l’Etat d’adopter un plan de sécurité spécifique pour permettre le fonctionnement de l’HUEH ? N’avons pas déjà entendu qu’il aurait un dispositif de sécurité spéciale pour protéger l’école de la magistrature et l’académie nationale de police, près de la zone de pernier. N’y a-t-il pas des plans de sécurité pour protéger la villa d’accueil où siège les conseillers présidentiels ? N’y a-t-il pas des blindés de la PNH positionnés à proximité des résidences privées de certains grands commis de l’Etat ?
Dans l’état actuel d’Haïti, nous devons choisir entre l’action et l’inaction. Il revient à chaque entité de l’Etat d’assumer ses responsabilités.
La rédaction
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