
Dans une lettre adressée au ministre de l’éducation nationale portant la signature de l’ex député Abel Descollines concernant la crise de l’université publique du centre dont nous avons eu une copie.
Lisez intégralement la lettre:
Monsieur Augustin Antoine
Ministre de l’éducation nationale
En ses bureaux.-
Monsieur le ministre,
Je m’empresse de vous adresser mes salutations patriotiques et profite de l’occasion pour alerter votre administration concernant la crise qui sévit à l’université publique du Centre. Je souhaite particulièrement attirer votre attention sur le dysfonctionnement du campus de l’UPC à Mirebalais.
Il y’a une semaine, les étudiants de l’université publique du Centre ont procédé à la fermeture du campus de Mirebalais. Cette décision extrême témoigne de la colère et du désespoir des étudiants face aux conditions exécrables de fonctionnement de l’UPC.
Monsieur le ministre de l’éducation nationale, le cri d’alarme des étudiants ne date pas d’hier. Malheureusement, il semble que votre ministère ne soit pas encore attentif aux revendications. À ce propos, nous déplorons l’absence de réponse à une demande de rencontre formulée il y’a plus de trois mois, auprès du secrétariat particulier du ministre.
Confronté à d’énormes difficultés matérielles, si rien n’est fait, il parait impossible pour le campus de l’UPC à Mirebalais d’accueillir convenablement les étudiants pour la nouvelle année universitaire. Monsieur le ministre, je vous invite à prendre la mesure des enjeux afin d’agir conséquemment. Il serait en effet hasardeux de penser à délocaliser le campus de Mirebalais. De même, il paraîtrait scandaleux d’envisager le rapatriement des étudiants du campus de l’UPC de Mirebalais vers le Haut Plateau Central.
À un moment où Haïti connaît un sérieux problème de déplacement massif des populations notamment, de la zone métropolitaine de Port-au-Prince vers la périphérie, il revient à l’Etat d’encadrer la structuration des universités publiques départementales. À cet effet, les campus de l’UPC à Mirebalais et à Hinche méritent une intervention prioritaire du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle.
Dans ce contexte, je fais appelle à la cohérence et à l’esprit de responsabilité du ministre Augustin Antoine. L’Etat, dit-on , ne peut plus se définir comme une puissance qui commande. Il doit plutôt compris comme « une coopération de services publics organisés » Les gouvernants ne sont plus appréhendés comme les organes d’une autorité qui surplombe la société après avoir été institués par elle, ils sont plus prosaïquement les gérants des affaires des collectivités. S’il y’a une puissance publique, elle est un devoir, une fonction et non point un droit.
Dans l’attente que suite utile sera donnée à la présente, je vous prie de croire, monsieur le ministre, en mes considérations patriotiques.
Abel Descolllines
Ancien député de Mirebalais.
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