
Les hostilités entre le premier ministre Garry Conille et le CPT éclatent au grand jour. Désormais, il semble qu’il n’y a plus d’hiérarchie institutionnelle entre la Primature et la présidence. L’inimitié paraît totale et la désobéissance assumée. C’est officiel, le peuple haïtien assiste impuissant à la guerre des chefs. Les invectives et remontrances s’expriment à la fois, par correspondances mais aussi, en présentielle. Les muscles se gonflent à la Primature. Comme il fait toujours référence à un pays comme le Soudan en Afrique, le premier ministre Garry Conille semble s’inspirer de la guerre des généraux qui ravage la population de ce pays depuis avril 2023. Au Soudan, ils sont deux généraux Abdel Fattah Al-Burhan et Mohammed Hamdane Daglo qui se livrent depuis un an, une guerre fratricide pour le contrôle du pays. Le premier, Abdel Fattah AL-Burhhan, général en chef de l’armée régulière du Soudan, chef de l’Etat. Le second, Mohammed Hamdane Daglo, Chef d’une force de soutien rapide (FSR), une milice armée. À eux d’eux, ils se sont débarrassés du régime du président Omar El Bechir avec le soutien de la population soudanaise. Après une cohabitation éphémère avec un premier ministre venant de la société civile, les généraux de l’armée ont repris totalement la gestion du pouvoir. Ainsi, en avril 2023, le Soudan est de nouveau plongé dans la guerre civile à cause des dissensions entre les deux principaux généraux pour le contrôle du pouvoir.
Si l’on se réfère au conflit qui a éclaté au sommet de l’Etat soudanais, dans le cas d’Haïti, le premier ministre Garry Conille semble vouloir marcher sur les traces du général Mohammed Hamdane Daglo qui a pris les armes pour défié l’autorité de la présidence Al-burhan. Quoique cette comparaison paraît très approximative dans la mesure que le général Soudanais Mohammed Daglo peut légitimement revendiquer la direction du Soudan pour avoir participé militairement à la chute de l’ancien président d’Omar El-Bechir. Alors que Garry Conille n’a participé à aucun combat politique immédiat qui aurait légitimé ses ambitions démesurées pour le contrôle absolu d’Haïti.
D’autant que sa gestion du pays depuis six mois n’a fait qu’aggraver la situation de détresse du peuple haïtien. Le chef du gouvernement instaure une gestion clanique du pouvoir. Les fonds du trésor public sont utilisés à des fins de propagande. Ceux qui expriment des idées contradictoires au pouvoir de Garry Conille font l’objet de toutes sortes d’attaques. Six mois depuis la formation du gouvernement, sont autorisés à faire des nominations dans l’adoption publique haïtienne, que les ministres qui sont très proches de Garry Conille.
Face aux dérives, qu’est-ce qui empêche au CPT de prendre des décisions ? Selon des analystes, la fébrilité du CPT s’explique par la situation personnelle de la plupart de ses membres. Constitué, dit-on, d’anciens chômeurs de longue durée, les conseillers-président hésitent à prendre des décisions administratives majeures face aux dérives autoritaires de Garry Conille, par peur d’entraîner le chambardement du CPT. D’après ses analystes politiques, les membres du conseil présidentiel de transition privilégient davantage leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt du peuple haïtien. Quitte à se laisser humilier par un subalterne. À ce jour, même des hauts dignitaires de la communauté internationale s’interrogent sur la personnalité des membres du conseil présidentiel de transition.
La rédaction
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