Entre la communauté internationale et les protagonistes haïtiens, qui sont les véritables acteurs de la surenchère politico-judiciaire dans l’affaire de la BNC ?

Qu’il n’y ait pas d’ambiguïté ou de mésinterprétation , il y’a effectivement dans les faits, un dossier judiciaire concernant trois des neufs conseillers.président, membres du conseil présidentiel de transition. Il s’agit du dossier relatif aux accusations de l’ex président du conseil de la BNC à l’encontre des trois conseillers-president, Louis Gerald Gilles, Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin. Raoul Pierre-Louis de la BNC aurait fait part au premier ministre Garry Conille d’une tentative de la part des trois conseillers pour lui soutirer de l’argent afin de faciliter son maintien à la tête du conseil de la banque nationale de crédit. Suite à cette information, le chef du gouvernement Garry Conille s’est empressé de transmettre une demande d’enquête à l’ULCC. Une anomalie flagrante dans la procédure dans la mesure que monsieur Raoul Pierre Louis devait être directement le plaignant auprès de l’ULCC.

On connaît la suite, malgré cet accro, l’ULCC s’est illustrée avec la sortie d’un rapport, somme toute, controversé. Actuellement, le dossier est confié à un juge d’instruction qui devra, dans les limites de la loi, continuer à instruire l’affaire en attendant un possible jugement par les tribunaux compétents en la matière.

Tandis que l’instruction est en cours, la bulle politico-médiatique se prête quotidiennement à toutes les interprétations. Il suffit qu’un diplomate étranger ou un fonctionnaire international s’exprime sur la situation d’Haïti pour que des protagonistes haïtiens ramène tout à l’affaire de la BNC. Certains acteurs haïtiens prennent le malin plaisir de prêter de fausses citations à des dignitaires étrangers concernant la présence des trois conseillers indexés. L’obsession politique semble avoir donné lieu à une forme de paranoïa.

Qui pis est, lors d’une importante réunion tenue le vendredi premier novembre 2024 entre les dirigeants de la Caricom et les membres du CPT, le dossier de la BNC n’a même pas été évoqué. En effet, les dirigeants de la Caricom sont davantage préoccupés par les tensions politiques croissantes entre les deux entités de l’exécutif haïtien. Les officiels caraibéens s’inquiètent de la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays. La Réunion du vendredi premier novembre 2024 avait pour but de chercher une harmonisation entre les autorités de la transition. En effet, selon les termes de l’entente politique du 11 mars 2024 entre les parties prenantes haïtiennes, la Caricom reconnaît l’autorité du conseil présidentiel de transition dans la nomination d’un premier ministre.

Au fur et à mesure que le temps passe, on apprend que certaines représentations diplomatiques décident de faire preuve de la plus grande retenue dans le dossier impliquant les trois conseillers-président. « Notre plus grand souci, c’est de voir Haïti retrouver la voie constitutionnelle » lâche un diplomate américain en poste à Port-au-Prince. «  Nous félicitons le CPT d’avoir franchi une étape importante dans la mise en place du CEP ». En réalité, la Primature et le conseil présidentiel se sont entendu pour adopter un nouveau budget pour le nouvel exercice fiscal. À plusieurs occasions depuis l’affaire de la BNC, ils se sont arrangés pour procéder à de nouvelles nominations au sein de l’administration publique. Naturellement, tous les conseillers-president, sans exception aucune, participent à l’adoption des décisions prises en conseil des ministres. Pourtant, même ceux-là qui s’accommodent des prérogatives institutionnelles des conseillers indexés se mêlent à fond dans ce qu’il convient d’appeler désormais : un fond de commerce politique pour les proches de la Primature. Qu’importe Garry Conille soit un chef de gouvernement conflictuel. Qu’importe Garry Conille fasse entrer au pays des présumés mercenaires en dehors des normes constitutionnelles. Qu’importe qu’il s’oppose à tout remaniement ministériel malgré l’absence de résultats de son gouvernement. Qu’importe l’insubordination de certains ministres vis-à-vis des membres du CPT.

La rédaction

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