
Le principal dirigeant du parti politique EDE a formellement appelé au retrait de son représentant au gouvernement du premier ministre Garry Conille. Dans une lettre ouverte rendue publique le samedi 26 octobre 2024, Claude Joseph motive sa demande en raison de la présence des trois conseillers indexés dans l’affaire de la BNC. Le dirigeant politique s’oppose à la participation au conseil des ministres de son représentant au gouvernement en présence des trois conseillers. À titre d’information, la coalition RÈD, EDE, Compromis historique détient le portefeuille du ministère de La défense au sein de l’équipe gouvernementale.
Il serait intéressant de chercher à comprendre les gesticulations politiques de monsieur Claude Joseph. Opposant notoire à l’ancien chef du gouvernement Ariel Henry, le fondateur du parti EDE s’était associé à la démarche ayant abouti à la formation du conseil présidentiel de transition. Au terme de plusieurs propositions de candidature, Claude Joseph, instigateur de la coalition dénommée RÈD , EDE, Compromis Historique avait finalement confirmé le choix l’ex-Ambassadeur Smith Augustin pour le CPT.
Les mésaventures de Claude Joseph !
Avec l’ambition de s’accaparer du pouvoir de transition, aux côtés de Moise Jean Charles et d’autres parties prenantes , Claude Joseph a été l’un des instigateurs de la création d’un bloc dénommé « indissoluble » . Il s’agissait pour les initiateurs de propulser un conseiller-président à la tête du CPT mais aussi, opter pour la nomination d’un premier ministre en la personne de l’ingénieur Fritz Belizaire. Faute d’avoir su bien peaufiner la stratégie, ils se sont heurtés à des hostilités politiques majeures. Après le crash, ne voulant peut-être pas continuer à décevoir une certaine communauté internationale, sans état d’âme, Claude Joseph et ses alliés de circonstance se sont jetés dans les bras d’un certain Garry Conille pour la fonction de premier ministre.
L’homme aux abords du pouvoir n’est pas l’homme au pouvoir !
Une fois confirmé à la Primature par la résolution du conseil présidentiel, Garry Conille a tourné le dos aux engagements. Ainsi, Claude Joseph qui espérait pouvoir reconquérir le ministère des affaires étrangères par l’entremise de son protégé, l’ancien ambassadeur Louis Marie a été désenchanté. Garry Conille aurait accordé la préséance à la proposition de Laurent Lamoth pour la nomination de madame Dominique Dupuy. Finalement, le parti de Claude Joseph s’est vu confié le portefeuille du ministère de La Défense. Un pot de chagrin pour un homme qui s’est habitué à gérer des millions. Entre temps, les relations se fissurent entre Claude Joseph et son représentant au CPT, l’ambassadeur Smith Augustin. Parallèlement, le torchon brûle entre Claude Joseph et le premier ministre Garry Conille. D’après des informations, les deux hommes se sont venus aux mains à l’occasion d’une réunion en la résidence du Conseiller-président Louis Gerald Gilles. Isolé pendant un certain temps, Claude Joseph s’est accommodé un moment de silence.
Le scandale de la BNC
Quand survient le scandale de la BNC, Claude Joseph s’est empressé de s’immiscer dans le débat. Dans un premier temps, il s’offusquait face aux demandes récurrentes relatives à la démission du Representant de la coalition RÈD, EDE, Compromis Historique au sein du CPT. Dans certaines officines, on disait que Claude Joseph pensait pouvoir reprendre le contrôle absolu du Conseiller-président Smith Augustin . D’autres considérations avancent que Claude Joseph se positionne en fonction de sa compréhension de la position des dirigeants de la Caricom. In fine, Claude Joseph avait finalement opté pour la démission de Smith Augustin. Une position qui aura mis fin à l’aventure de la coalition RÈD, EDE, Compromis Historique. Pour cause, les autres entités de cette alliance continuent de supporter le maintien au CPT du Conseiller-président Smith Augustin. À l’intérieur même du parti de Claude Joseph, les violons ne s’accordent pas. Sterline Civil, son ex- confidente a claquée la porte. Et pour ne rien arranger, ses brouilles ont aussi conduit à la dislocation de l’alliance de circonstance formée, de Moïse Jean Charles, Claude Joseph et Louis Gerald Gilles . Tout récemment, Claude Joseph a dû observer avec impuissance la résolution du CPT réaffirmant le maintien des conseillers indexés en attendant les suites judiciaires.
Alors qu’il se retrouve encore une fois isolé, Claude Joseph se lanse dans une aventure poker/menteur. Tout laisse à penser que la sortie de l’ancien premier ministre Claude Joseph s’inscrit dans une démarche d’anticipation. En effet, il semblerait que l’actuel ministre de la défense soit sur le départ dans la perspective du prochain remaniement ministériel. En rupture avec le conseiller-président Smith Augustin, Claude Joseph n’a pratiquement aucun interlocuteur direct à l’intérieur du CPT. Tandis que l’inculpé Renald Luberice de RÈD, associé au regroupement des sanctionnés compromis historique , souhaitent profiter de la présence de Smith Augustin pour décrocher un poste ministériel. Parallèlement, la démarche de Claude Joseph peut-être interprétée comme un appel du pied à l’actuel premier ministre Garry Conille.
Actuellement, le premier ministre Garry Conille essaie par tous les moyens de trouver des alliés dans sa lutte visant à faire éclater le conseil présidentiel de transition. Quitte à plonger davantage le pays dans l’instabilité. Garry Conille s’oppose à la demande du CPT qui souhaite un remaniement ministériel face à la dégradation de la situation générale du pays.
La rédaction
Laisser un commentaire