Les raisons pour lesquelles le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) doit renvoyer la ministre Dominique Dupuy

La population haïtienne s’est réveillée ce 15 octobre noyée sous un déluge de messages postés sur les réseaux sociaux d’une presse « abolotcho » à la solde de Dominique Dupuy. Elle peut bien se permettre certaines largesses disposant, par la grâce du roi Conille, d’une partie des fonds du service d’intelligence, fonds sans justification mais détournés au détriment de la sécurité du Peuple haïtien. 

Les radotages de cette presse sous dictée démontrent, une fois de plus, qu’on ne peut espérer rien de sérieux du Gouvernement Conille pour s’adonner avec tant de frénésie et d’indécence à la propagande. 

Tout était synchronisé, le même message sans consistance. En effet, cette presse jaune se met à plat ventre pour vanter les « mérites » de Dupuy engagée dans une campagne de dénonciation internationale des Autorités dominicaines. Le plus intéressant, elle lance une mise en garde au CPT, accusé d’être de mèche avec les Dominicains, contre tout renvoi de la Chancelière. C’est à se demander qui de Leslie Voltaire ou de Conille-Dupuy avait tenu une réunion secrète à New York avec Abinader, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nos deux larrons, toujours friands de belles photos, ont cette fois-ci soigneusement caché cette rencontre qui, finalement, a été révélée par les Dominicains. La machine à propagande nous prend-elle pour des canards sauvages ? Le Peuple haïtien n’est pas dupe.

On a beau chercher des résultats concrets à l’absence de Dominique Dupuy depuis plus d’un mois de la Chancellerie on n’en trouve pas. La fameuse copie « original » de la Déclaration de l’Indépendance haïtienne, loin d’être une trouvaille était connue de tous. Sauf de Mme Dupuy qui, semble-t-il, n’a jamais fait une visite au MUPANAH. N’en parlons pas de la reproduction de la Constitution de 1805 qui était carrément un faux. Les autres étapes de sa visite rentrent dans les attributions normales d’un ambassadeur. Donc aucune justification à ces déplacements onéreux. 

On attend toujours les retombées de la visite à New York. Le cri du cœur du Secrétaire général des Nations Unies pour la mobilisation de moyens et de troupes en faveur d’Haiti n’a pas eu l’écho espéré. A l’exception du Guatemala et du Salvador, les pays dits « amis » ont fait la sourde oreille. La conférence sur l’investissement ne fut qu’une perte de temps. Inopportune par rapport à l’urgence de l’heure : la sécurité. Haiti ne réunit pas les conditions pour attirer des investissements. 

Le PM et sa chancelière méconnaissent gravement la logique des investissements. 

● Qui viendra investir dans un pays dont le cœur est pratiquement sous contrôle total des gangs ? Le pire, des cas de piraterie dans notre mer territoriale se multiplient entrainant la fuite des grands transporteurs de frets maritimes des ports haïtiens. L’exportation de la production des usines de sous-traitance de Caracol dépend, jusqu’à présent, des ports dominicains. Notre machine à propagande s’est-elle rendu compte aussi que la grande majorité des citoyens, toutes classes confondues, ne peut plus sortir d’Haïti sans un visa américain, canadien ou Schengen. Les dernières portes ouvertes sur le monde, Cuba, Panama et la République Dominicaine, nous ont été fermées au nez sans espoir d’un retour à la normale. Ce problème sérieux ne fait pas partie malheureusement des domaines d’intérêt de notre diplomatie. Pratiquement Haïti est sous embargo.

● Qui viendra investir dans un pays dénué de la plus minime infrastructure de base ? Il n’est pas anecdotique de faire remarquer que Blinken n’a pas accepté un verre d’eau de nous et est allé passer la nuit en République Dominicaine. C’est tout un message et un signal lancés aux potentiels investisseurs. Conille et Dupuy ne sont donc pas imbus des réalités du pays qu’ils dirigent, celui-ci étant foncièrement centralisé et absorbé par la République de Port-au-Prince. Nos villes de province vivent dans le dénuement total et dépendent de la Capitale. Dans de telles conditions, la viabilité de tout investissement sérieux passe par le désenclavement de nos villes de province. Tout compte fait, cette conférence n’était autre qu’un concours de bonnes intentions à l’endroit de gros naïfs. 

En ce qui a trait à la campagne contre les mesures discriminatoires et racistes des Dominicains contre les migrants haïtiens, quel en est le bilan ? Y a-t-il eu une pose dans les déportations massives ? Après les beaux discours, les applaudissements et les belles photos, combien de pays ont condamné la République Dominicaine à l’OEA ? Quel pays africain a pris fait et cause pour Haïti ? Cette campagne de dénonciation internationale a-t-elle une minime incidence sur l’industrie touristique dominicaine ? Y a-t-il eu boycott du commerce transfrontalier ? La réponse à ces questions est à même d’indiquer l’efficacité de la stratégie diplomatique de Mme Dupuy dans cette crise. 

Au lieu de mobiliser ses troupes en mode de veille pour documenter les éventuelles violations des droits de nos migrants en territoire voisin et de s’atteler avec les Autorités nationales à l’accueil digne de nos migrants en Haïti, Mme Dupuy a choisi de s’évader. Ce sont là des faits suffisants pour son renvoi.

D’autres raisons justifient également ce renvoi : 

1. Déni fragrant des prescrits constitutionnels relatifs aux prérogatives du Président de la République en matière diplomatique. Dominique Dupuy proclame haut et fort, et l’a démontré, qu’elle n’a qu’un seul chef, le Premier Ministre Garry Conille.

 

2. Ses manœuvres de bas étage, démontrant son manque de sens de l’État, pour torpiller la participation des membres du Conseil présidentiel à l’Assemblée générale de l’ONU et aux différentes activités parallèles prévues. 

 

3. Ses différents actes d’insubordination et de mépris envers ses Autorités de nomination. 

 

4. Le détournement des fonds du renseignement en possession de la Ministre Dupuy. C’est un fait inédit, le MAE n’a jamais fait partie des entités de l’Etat bénéficiaires de ces fonds, déjà insuffisants. Il y a lieu de s’interroger sur l’opportunité de cette dotation de 10 millions de gourdes chaque mois à la chancellerie. Où sont-ils ces parangons de la vertu, ces Torquemada de la lutte contre la corruption face à la dilapidation des fonds destinés au service d’intelligence ? Eux qui ont tout fait pour salir l’image des diplomates de carrière accusés de tous les maux.

 

5. Un nouveau parti politique a été créé au sein du ministère des Affaires étrangères et Mme Dominique Dupuy en est la présidente d’honneur. Les recrutements se font au sein du Ministère en violation des principes de neutralité et d’égalité protégeant la fonction publique.

 

6. Son incompétence et le ridicule qui en découle. Tout récemment, Mme Dupuy s’est réunie sur la crise avec la République Dominicaine avec un agent du protocole de la Maison Blanche et un Premier Secrétaire du Département d’Etat américain (un premier secrétaire dans la diplomatie est l’équivalent d’un assistant directeur dans la fonction publique haïtienne ou d’un Policier au grade d’Agent II). Une photo prise en leur compagnie a été postée aux bons soins de la chancelière illustrant son niveau d’incompétence. Ce n’est qu’un fait parmi d’autres.

Le CPT a commis une faute politique en octroyant, sans aucun garde-fou, des pouvoirs exorbitants à Conille, au passé sulfureux, qui avait dupé et comploté auparavant contre un Président de la République. Au moins Martelly, bien avisé, avait pris le soin de faire signer par Evans Paul sa lettre de démission bien avant sa prise de fonction. Autre faute commise par le CPT c’est le fait d’accepter Dominique Dupuy comme ministre avec un passeport canadien alors que sa candidature au CPT avait été rejetée pour cela. Il est grand temps pour le CPT de corriger ses fautes.

Published by

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer