Haïti/Justice: AL Duniel Dimanche, un populiste judiciaire, sans lendemain

L’unité de lutte contre la corruption (ULCC) a diligenté une enquête autour du bradage des équipements de travaux publics gérés par le Centre National des Equipements (CNE). Cet organisme public, autonome en apparence, est placé sous la tutelle administrative du Ministère des Travaux Publics et Communication (MTPTC).
Ces équipements, déclarés dilapidés, volés ou même introuvables, étaient engagés dans le projet phare du Président Moise dénommé Caravane de changement (karavann chajman) lancé au cours de l’année 2018.

Le rapport d’enquête de l’unité de lutte contre la corruption (ULCC), dans ses conclusions, a ciblé une vingtaine de particuliers contre lesquels la mise en mouvement de l’action publique a été recommandée. Il s’agit, pour la plupart, de personnalités connus réputées très proches de l’ancien Président Jovenel Moise. Ainsi, les noms de certains de ses conseillers, amis personnels, associés, Sénateurs et députés, membres de son cercle intime, figurent dans la liste, soumise à cet effet par l’ULCC.

Qu’il soit dit, en passant, qu’aucun nom de Président, Premier Ministre et Ministre ne figure comme donneur d’ordre, détenteur ou en possession des équipements appartenant au CNE, dans cette liste, établie dans le rapport d’enquête de l’ULCC.
Les informations pertinentes et dignes de foi, reçues de qui de droit, laissent croire que le réquisitoire d’informer, adressé par le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince au Doyen du Tribunal de Première Instance de cette juridiction, ne porte que sur les noms figurant dans la liste établie par l’ULCC.

Cette distribution irrégulière et partisane des matériels et équipements de l’Etat à des particuliers, sans titres ni qualités, s’est effectuée sous la présidence de Monsieur Moise. Les principaux bénéficiaires n’ont été que ses conseillers, ses associés, ses proches amis et supporteurs au parlement.

Alors : Pourquoi Monsieur Dimanche cherche-t-il à impliquer les hauts dignitaires de l’Etat des 18 dernières années dans cette dérive grotesque dont tout le monde connait l’origine, le fait générateur et l’espace temporel ?

Comment et sur quelle base juridique le juge Al Duniel Dimanche est arrivé à associer des Présidents, des Premiers Ministres et des Ministres aux à des manquements aux règlements ou actes irréguliers posés par un Directeur Général, jusqu’à en faire des complices ?

Que cherche le juge Al Duniel Dimanche en faisant publier, à travers les réseaux sociaux, une liste d’environ 36 hauts dignitaires contre lesquels des mandats d’inculpation ont été décernés ?
Les hauts dignitaires, déclarés inculpés, par le juge Dimanche n’ont jamais été formellement et par qui de droit, signifiés de l’existence des mandats de comparution décernés contre eux.

Donc, il y a anguilles sous roches ! La fin du mois de janvier 2024 est imminente. Elle est porteuse de surprise pour le juge Al Duniel Dimanche. Il s’attend à ce que, pour une fois, ce coup d’épée dans l’eau peut laisser des traces. Il a sous-estimé la capacité intellectuelle et la force de caractère de certains des hauts dignitaires, illégalement, inconstitutionnellement, injustement et vulgairement attaqués.

Paulin Junior OSNER
MBA, Master en Politiques Publiques-Univerisité Paris 8
Prof. des Universités

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